BHARATA NATYAM

danseuse BN 2           Le bharata natyam est une danse classique sacrée provenant du sud de l’Inde et dont l’origine remonte au début de l’ère chrétienne.

Kuthu, Dakshinsarasaya, Dasiyattam, Sadir, Nautch… il aura connu bien des noms avant celui de bharata natyam au XXème siècle, qui signifie « Danse de Bharata » ou « Danse de l’Inde ». Il serait un acronyme de trois mots : Bha, bhava (émotion) ; Ra, raga (mode mélodique) ; et Ta, tala (rythme). Il est également probable qu’il s’inspire du nom de Bharata, auteur du Natyashstra (environ IIème siècle ap. J.-C.). En effet, tous les types d’arts dramatiques indiens sont attachés à cet ancien ouvrage, surnommé « le cinquième véda », qui traite du théâtre indien, de la poésie, de la musique et de la danse.

Cet art sacré était initialement dansé dans les temples par les devadasi (servantes des dieux) et dans les cours royales. Durant le règne des Pallavas (IVèmdevadasi temple 2e – XIIème siècles), les arts de la musique et de la danse, entre autres, fleurissent et les sculptures des karanas qui figurent sur les temples construits à cette période en sont un témoignage vivant. A leur suite les rois Chola entretiendront des centaines de danseuses dans les temples. Les dynasties Pandya, Nayaka et Maratha maintiendront la tradition jusqu’au XIXème siècle.

La forme contemporaine du bharata natyam tel que nous le connaissons aujourd’hui vient de quatre frères musiciens et danseurs, connus sous le nom de ‘Tanjore Quartet’, officiant sous le règne du roi Sarfoji II (1798-1832). Fils d’un nattuvanar (maître de danse, compositeur et chorégraphe), ils donnent forme au margam (récital) traditionnel, débutant par l’alarippu, suivi du jatiswaram, du varnam, des padams et se concluant par le thillana parmi les danses les plus importantes.
A la fin du XIXème siècle, l’instabilité politique et le manque de mécènes éloignent les Indiens de leur culture. La danse est bannie des temples par les colons britanniques, qui la jugent inconvenante. Au Tamil Nadu, berceau du bharata natyam, le style disparaît quasiment. Les devadasi sont désormais assimilées à des filles de joie, plusieurs villes en abandonnent le système, ce qui achève de les discréditer. La loi, qui finit par abolir leur statut, menace sérieusement le bharata natyam.

Devadasi_1920s
Au XXème siècle s’opère une complète restructuration : les danseuses héritières des devadasi commencent à danser sur scène en public. La plupart d’entre elles venant de la haute société brahmine, le bharata natyam devient une discipline artistique et académique. C’est un réveil généralisé ; partout on recherche les anciens gurus ayant continué à pratiquer leur art dans les villages.

Dans les années 20, la célèbre ballerine Anna Pavlova découvre à Londres un jeune danseur du nom d’Uday Shankar et, intriguée par la danse classique indienne, lui conseille d’en retrouver les racines. Elle fait de même un peu plus tard avec Rukmini Devi, à qui elle enseigne le ballet.
Une conférence sudanseuse BNr la musique indienne est organisée à Madras sous l’impulsion d’E. Krishna Iyer, qui dédia sa vie à la réhabilitation du bharata natyam. C’est un tel succès qu’elle débouche sur la création de la Music Academy en 1928.
L’arrivée de Rukmini Devi ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du bharata natyam. Elle l’épure et le baptise ainsi. En 1936 elle crée l’école de Kalakshetra, assistée d’érudits, de musiciens et de célèbres gurus.
Après l’indépendance de l’Inde s’ouvre une période de renouveau, et, désormais, on ne compte plus les écoles et institutions dédiées au bharata natyam dans le monde.
Source : http://www.usha.fr/html/bharata.htm

ou la félicité des dieux